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K@Net
Publié le 18, Aug à 2h24   Modifié le 18, Aug à 2h31  
Qui parle de musique, parle d'argent et de célébrité. Et qui parle de célébrité évoque jalousie. Le show biz est régit par ces tèrmes. Comment fonctionne t-il en Guinée? (Voici u
 

Historique du show biz Guinéen



Il n’est un secret pour personne que le peuple de Guinée a vécu 26 années sous le régime dictatorial de feu Ahmed Sékou Touré. A l’époque, l’Art en général, la musique en particulier, était pratiquée sous le contrôle exclusif du régime en place. En effet, l’Etat guinéen avait réussi à mettre en place un outil efficace de production de distribution et de promotion de notre musique moderne tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.



Des studios de la Voix de la révolution (la radio d’Etat à l’époque) à la structure Syliphone , force est de reconnaître que le régime de Sékou Touré avait su créer un véritable réseau de production et de diffusion de ce qui est devenue aujourd’hui, la musique classique de la Guinée. Sous la révolution, la carrière solo n’existait pas. Malgré tout, les orchestres nationaux basés à Conakry et les orchestres fédéraux de l’intérieur, ont franchi les frontières Guinéennes pour devenir une source d’inspiration pour d’autres sur le continent.



C’est l’un des secteurs que la révolution a vraiment su impulser. On peut ne pas aimer le singe pour sa laideur, mais reconnaissons qu’il a des blanches, nous enseigne un adage africain. La musique guinéenne jouissait d’une large audience en Afrique et dans le monde, le Bembeya Jazz National International, Kèlètigui et ses Tambourinis , Balla et ses Balladins, Kaloum Star de Conakry1, 22 Band de Kankan, le Kolima Jazz de Labé, le Nimba Jazz de N’ Zérékoré ont prouvé, à suffisance, dans les années 60 et70 que la Guinée est un trésor musical inépuisable, surtout par sa diversité.



Mais, cette gloire appartient, désormais, au passé. Un passé dont on doit s’inspirer pour mieux entrevoir l’avenir.


A la prise du pouvoir par l’armée Guinéenne en 1984, par le Colonel Lansana Conté et son équipe, les initiatives privées ont été prônées dans tous les domaines.



C’est à cette époque qu’apparaissent les signes du show business guinéen dont il est question aujourd’hui. Avec l’ouverture du pays, les mélomanes guinéens avaient envie de voir autre chose. Ecouter d’autres musiques, voir d’autres artistes. Parce que les guinéens venaient de sortir d’un système qui leur interdisait de consommer les produits musicaux venant d’ailleurs. Maintenant, ils sont libres d’écouter la musique de leur choix. Le nouveau régime se désengage de la Culture et la musique n’est pas en reste.



A partir de ce moment, le public mélomane qui avait ‘’soif’’ de contact avec l’étranger était prédisposé à consommer, sans retenue, les musiques et les concerts qui leurs étaient proposés. Il y avait donc un manque à combler sur ce plan. Un manque difficile à combler pour la simple raison que ce sont les mêmes Hommes sous la révolution qui se proposent de s’essayer dans l’organisation de concerts, dans la production, le management, la distribution de la musique, donc de prendre le relais pour égayer les mélomanes Guinéens.



A l’époque c’était un lourd héritage à porter. Car, il n’y avait pas de studio d’enregistrement, ni usine de duplication encore moins de sonorisation pour les spectacles. En somme, un manque de structures fiables adaptées aux besoins du moment.



Malgré le contexte difficile de cette nouvelle ère, l’on assiste à l’émergence d’un petit monde de show biz local à travers les premiers concerts privés, les premières productions musicales et progressivement les autres maillons de la chaîne se constituent avec les moyens du bord.



Ce beau monde de débrouillards, déterminé à parvenir à un résultat, se met en place, en surmontant toutes les difficultés majeures rencontrées sur le terrain, à force de persévérer. Des solutions de rechange sont rapidement trouvées pour combler ce manque.


C’est pourquoi dans ma démarche, j’évoquerai, ce qu’on pourrait appeler les premiers signes de constitution de la chaîne du show biz local.



Puisque le show biz Guinéen, repose essentiellement sur les concerts, je crois que c’est légitime que je commence par ce maillon.



2-1 Les premiers concerts



L’apprentissage de l’organisation de spectacle privé et professionnel d’artistes étrangers, dignes de nom, s‘est fait avec assez de difficultés. Car, c’était une nouvelle expérience pour les nouveaux promoteurs. Certains s’en sont sortis tandis que d’autres, ont eu x cheveux. Dans tous les deux cas, l’apprentissage fut difficile et très laborieux.



-Le concert de Yousou N’dour



En effet, sur le plan du spectacle, l’on commencera par celui de l’artiste Sénégalais Youssou N’dour qui, fut invité à faire un concert au seul palais du peuple. C’était le 9 mai 1985, à l’occasion du premier anniversaire du Journal Foniké Sports (Un titre qui a disparu). Ce show anniversaire concocté par Mohamed Sylla ‘’Pacheco’’ avec Youssou N’ Dour inaugure une série de concerts d’artistes étrangers sur la Guinée qui vient de s’ouvrir au monde.



Après le seul palais du peuple de Conakry, Youssou, s‘est produit en play back dans les night club ‘’Le Sabar’’ et le ‘’Balafon’’. Deux boites de nuits à la vogue à Conakry. Comme au palais, beaucoup de nigntclubers ont convergé, ces night pour des pas de sabar. Ces play back de Yousou inaugurent le business de jeunes apprentis promoteurs qui se mettent à organiser des soirées dans d’autres boites de Conakry.



Généralement, des soirées cent pour cent jeunes.


Il faut préciser que ces jeunes promoteurs sont à la base de l’émergence de la musique rap en Guinée à travers les school dance show entre les écoles de la capitale. C’étaient de concours de danse très animés. Et les jeunes Guinéens récemment revenus au bercail, notamment de la Cote d’Ivoire, ont beaucoup contribué à promouvoir le mouvement hip hop qui prendra de l’ampleur et se propagera sur tout le pays.



C’est partir de ce spectacle de Youssou N’dour, qu’on pourrait situer les origines du show biz dont nous parlons. Ce spectacle a permis à son promoteur d’être mis sur les devants de la scène. Par ce que Mohamed Sylla Pachéco était un technicien à la RTG. et travaillait très souvent avec Justin Morel Junior ‘’JMJ’’, connu de tous les Guinéens pour ses prestations de journaliste et animateur à la voix de la révolution, devenue, la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (R.T.G) sous le 2ème régime..



JMJ a contribué à faire de son technicien une célébrité en le surnommant, ‘’le technicien au cœur de journaliste ’’. Aussi, Justin Morel Junior qui présentait les concerts qu’organisait Pachéco, l’a aidé à être un imprésario respecté sous la révolution.



A partir de ce 1er show de Youssou, les Guinéens qui hésitaient de s’investir dans le show business ont compris que ça rimait avec Argent et Célébrité. Car, ce spectacle avait réussi tant par son organisation que par les recettes qu’il a généré. D’autres se lanceront dans le show biz On le verra plus tard.




Le show raté d’Alpah Blondy au stade du 28 Septembre.



Au début du mois de juin 1985, le spectacle de l’Ivoirien Alpha blondy a attiré assez d’ennuis aux promoteurs ; Alpha Traoré ‘’Jams’’ et Sékou Camara Legrow du Bembeya Jazz National et International.



Pour la simple raison, que les nouvelles autorités militaires ont accusé certains de leurs compagnons d’armes de profiter de ce concert pour faire un coup d’Etat. En réalité, le show qui était prévu au stade du 28 septembre avait connu assez d’affluence. Et très malheureusement, il a commencé à pleuvoir sur Conakry, alors que les fans d’Alpha Blondy avaient pris d’assaut les gradins du stade du 28 septembre.



Donc, Alpha Blondy qui est venu au stade n’a pas pu se produire pour ne pas abîmer ses instruments et son matériel de sonorisation sous la pluie. Ce qui a irrité les fa ns de l’artiste. Il s’en suivit une casse des gradins, des bus dans la rue. Chose que les organisateurs n’avaient certainement pas prévu. L’on appris plus tard que le report du spectacle du reggae man Ivoirien était destiné à soulever le peuple. Un soulèvement qui servirait de motif à certains militaires pour renverser le nouveau régime du Colonel Lansana Conté.



Que peut-on dire ? Ce qui est certain, c’est que les promoteurs voulaient offrir un spectacle aux mélomanes Guinéens qui en avaient besoin.. Etaient-ils de mèche avec d’éventuels putchistes ? Je ne saurai le dire. Ont-ils été manipulés ? On le saura, peut-être, un jour. Toujours est-il que Alpha Traoré ‘’Jams’’, Sékou Legrow n’avaient pas d’expérience de ce type de concert. On est loin de la quinzaine artistique sous la révolution lors de laquelle, l’Etat était omniprésent.



Toutes fois, l’artiste Alpha Blondy a livré un concert de rattrapage pour ses nombreux fans, sur l’esplanade du seul palais du peuple, dès le lendemain. Désormais, le monde du show biz commence à se constituer et à s’élargir.


marcoibrahim@ afrik.com


224-66-47-95-21 ou 65-51-89-84


Marco Ibrahim Sory Bah.
Conakry Rép. de Guinée

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