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En Guinée, le show business se résume à la musique. Par ce que, c’est le seul élément culturel qui est considéré par les rares investisseurs et les consommateurs. Le théâtre et les Ballets sont prisés, mais à l’extérieur du pays. Ce qui fait que les artistes qui les pratiquent sont plus connus à l’extérieur qu’en Guinée. Le cinéma, la sculpture, la peinture, et tous les autres secteurs de l’Art sont à l’abandon.
Même si certains artistes persistent dans la création. Les autorités compétentes et les privés ne s’y aventurent presque pas. D’ailleurs, il n y a qu’une direction nationale de la Culture. Une direction nationale logée avec les Sports et la Jeunesse dans un ministère dont le budget est des plus faibles de la Guinée. C’est dire que le gouvernement de Lansana Conté a, depuis 1984, d’autres priorités que de s’occuper de l’âme de son peuple qui est la Culture.
Sur le plan local, les artistes musiciens ont, de loin, plus de voix. Eux, au moins, trouvent des producteurs à la Guinéenne. Les lecteurs remarqueront qu’on évoquera seulement la période située entre 1984 et nos jours. En ce qui concerne la vie des artistes sous la révolution, à mon avis, il y a des voix, certainement, plus autorisées pour éclairer notre lanterne.
Le show business Guinéen est comparable à une marre dont les eaux, en plus d’être troubles, hébergent des caïmans, des requins et des poissons qui changent de nature en fonction de l’abondance ou de la rareté des aliments.
C’est un ‘’monde’’ concernant la vie des artistes musiciens et de celle de toutes les composantes qui gravitent autour d’eux. En l’occurrence, les managers, les producteurs, les promoteurs, les journalistes ou animateurs, les distributeurs, les disc jockeys…
C’est un milieu qui rime avec les coups bas, dans lequel chaque maillon de la chaîne, joue sa partition pour avoir sa part du gâteau. Dans ce qui suit, il s’agira de faire en sorte que le lecteur puisse, sans prétention de ma part, comprendre, dans une moindre mesure, comment fonctionne le show biz Guinéen. Car, c’est un monde, j’oubliai, un milieu à part et ses ‘’habitants’’ plutôt, ses artistes et leur entourage, qui procurent de la joie et de la gaieté aux nombreux mélomanes, ne sont pas toujours des enfants de cœur.
Ils ont une autre vie, une autre façon de travailler. Pour la simple raison que le show biz est partout régis par le démon argent et la célébrité. Qui parle d’argent et de célébrité finira par parler de jalousie. Une jalousie qui frise, parfois, la méchanceté. Dans le show biz Guinéen, les deux raisons liées à l’argent et à la célébrité sont suffisantes pour se livrer une sorte de ‘’guerre ‘’ déclarée ou secrète. Hommes et femmes du show biz guinéen pour avoir leur ‘’blé’’ sont souvent prêts à tout.
Certains utilisent l’argent ou les relations avec la nomenklatura au pouvoir pour ‘’piétiner’’ leurs concurrents jugés, gênants ou prétentieux. D’autres, préfèrent le maraboutage, le recours aux fétiches pour agir. Et cette deuxième alternative est, semble t-il, plus efficace par ce qu’elle permet, soutient-on, à celui qui l’utilise de ne pas s’afficher ouvertement. Et donc, d’échapper à une éventuelle vengeance de sa victime ou proie. Les autres maux qui rendent le show biz Guinéen plus trouble, se nomment, mensonge, délation.
Le show biz dont il s’agit est une chaîne qui commence par l’Artiste suivi du producteur, les autres mailons sont ; le distributeur, le manager, le journaliste ou animateur, le concepteur ou designer, et le promoteur. Car, le producteur après le travail d’enregistrement au studio, s’il n’est pas distributeur, doit en avoir un, pour son produit. Si cet épineux problème est réglé, il se tourne vers la promotion qui fait appel cumulativement aux designers ou concepteurs de visuels et aux journalistes. C’est après tous les autres que le promoteur vient récolter le fruit à travers un concert dédicace à la guinéenne, généralement au seul palais du peuple de Conakry..
Aussi, faut-il préciser que moins la vie privée des artistes et de celle de leur entourage, il est surtout question de jeter un regard sur le monde du show biz qui n’est pas celui du citoyen ordinaire.
marcoibrahim@ afrik.com
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