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K@Net
Publié le 17, Aug à 23h54   Modifié le 18, Aug à 0h1  
.Aux yeux de la majorité des jeunes Guinéens, le Salon de l'emploi n'est qu'une forme d'escroquerie à leur nom
 



Le premier salon de l’emploi a suscité beaucoup d’engouement au sein de la jeunesse guinéenne, après les douloureux événements de janvier- févier 2007 qui ont secoué le pays tout entier. Le taux de chômage en Guinée devenant de plus en plus criard, il est estimé à 25,6 % à Conakry (dont 29,7% pour les filles contre 23, 6% pour les garçons) selon le programme national de la jeunesse en 2004.




La jeunesse, pour sortir de ce spleen avait besoin d’une nouvelle bulle d’air. Le salon de l’emploi devait renaître l’espoir dans l’âme et le corps de cette jeunesse qui croyait fortement au changement à l’époque et pensait que des efforts concrets seront entrepris dans ce sens pour inverser la tendance. Ainsi, au total 4485 Cv (dont 185 Cv de l’extérieur) de jeunes guinéens ont été reçus avant le salon.




A l’appel du FOJEG donc, la jeunesse a massivement répondu, de jeunes qui, dans la plupart étaient dans la fièvre de l’obtention d’un premier job ou d’un simple stage. Car d’après la propagande du FOJEG, 50 entreprises et institutions participeront au SADE 2007, ce qui est un acquis et une première du genre. Après la clôture du salon le 9 juin 2007, on comptabilisera 7485 candidatures enregistrées selon les sources du FOJEG.




Du point de vue embauche et du bilan qualitatif et financier, de nombreux observateurs resteront sur leur faim. Les attentes des jeunes n’ont pas été comblées, dans ce sens. Après ce salon de feu d’artifice, plusieurs interrogations naissaient au sein de la couche juvénile guinéenne. Et même au sein des membres actifs du FOJEG qui se livrent à une querelle de leadership et d’intérêts. Constatant les résultats mitigés enregistrés par le premier salon d’une part et les promesses non ténues par les entreprises pour le plein emploi des jeunes d’autre part, les désillusions commencèrent à envahir les esprits.




Certains activistes du SADE 2007 se plaignent toujours de ne pas avoir été bien traités ni considéré comme membre de la coopérative qui devait se partager en fonction des parts sociales les retombées du ‘’fameux ‘’salon de l’emploi. Car, il faut le rappeler, le FOJEG initiateur du premier SADE, est un collectif de jeunes régi par une coopérative.




Et les dividendes sont légués en fonctions des parts sociales des contribuables. C’est la face cachée de l’iceberg. Ils font semblant de contribuer à l’émancipation socio économique à travers l’accès à l’emploi, la formation et patati patata … alors que la réalité est tout autre. Ce sont les sous des institutions de financement qui les inspirent. Où sont passées les 100 millions GNF du PNUD pour la cause du SADE 2007 ? Chacun des sponsors Or du salon (une quinzaine au total) a fourni 50 millions Gnf, comment les a-t-on utilisé ? Et en plus, les stands pour les entreprises étaient payants, il y en avait combien dans ce cas ? Le calcul est très simple.




Au-delà de tout, combien de jeunes ont-ils été réellement embauchés ou promus à un stage de formation ? Qu’est ce que la commission Suivi et Evaluation du SADE 2007 a donné comme résultats ? On ne doit pas attendre la nouvelle édition du SADE pour faire le bilan, si la transparence y est de rigueur. Ces constats pouvaient-ils laisser les jeunes espérer à nouveau sur le SADE 2008 ? Pas très sûr. Autres faits, Le FOJEG a réussi à drainer pour le SADE 2007, toutes les principales associations et tous les leaders des structures de jeunesse. Car, on le sait bien, il n’avait pas le capital humain nécessaire pour réussir un tel événement.




Sans l’appui de ces structures et mouvements associatifs c’était le vide. Eh bien, ils les ont utilisé comme des Kleenex et après shit !


L’ex ministre de la Jeunesse de la Culture et des Sports, Baidy Aribot avait déclaré lors du débat télévisé sur le Fond National d’Insertion des jeunes (FONIJ) en Avril dernier devant Moustapha Naité et Sansy Kaba du FOJEG que jusqu’alors l’impact réel et l’évaluation financière du SADE 2007 ne sont pas connus. Cela démontre encore une fois, l’opacité qui entoure la gestion des activités du salon.




Ce n’est pas pour rien que l’Etat n’a apporté alors aucun soutien au projet ‘’Maison d’Initiative des Jeunes’’ MIJ du FOJEG qui s’élève à 184 000 000 GNF. Un projet qui selon le collectif serait un maillon essentiel pour la pérennité des actions du Forum des Jeunes de Guinée.





De sources proches du SADE 2008, l’on a enregistré, contre toute attente, les candidatures de 1169 jeunes guinéens comparativement à l’édition précédente (7500). Sur la liste des entreprises, elles seront une vingtaine inscrites notamment les compagnies minières de la place. Alors qu’au SADE 2007 elles étaient 50. C’est dire que, ni les entreprises, ni les jeunes ne sont plus prêts à croire à la propagande du FOJEG.






Halte aux marchands d’illusions ! La jeunesse guinéenne souffre toujours. Au lieu de l’aider à s’en sortir, on se sert d’elle pour soutirer des sous aux institutions de financement. Cela ne peut plus continuer. L’Etat doit prendre des mesures et redéfinir sa politique nationale de la jeunesse. Il faut prendre en compte l’amélioration de l’employabilité des jeunes en faisant la promotion des activités à haute intensité de main d’œuvres pour palier au chômage. Ce ne sont pas les salons de l’emploi aux discours embellis qui peuvent faire l’affaire.



Aboubacar Camara
Conakry, Guinée

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